La famille d’un défunt veut s’emparer de tous ses biens et priver son épouse de sa part de l’héritage
Fatwa No: 90594

Question

J’ai une amie dont l’époux est décédé à la suite d’un accident et celui-ci n’avait pas d’enfant. Avant son enterrement, sa famille a retiré tout l’argent de ses comptes bancaires et a dit à la banque qu’il n’avait pas d’épouse ni d’enfants. Sa famille veut vendre sa maison sans donner quoi que ce soit à son épouse et lui demande de leur envoyer toutes ses affaires comme les vêtements, les chaussures et les montres. L’épouse doit-elle envoyer ces choses car elle désire les donner en aumône ? Elle va recevoir à titre de compensation une somme d’argent de l’assurance. Lui est-il permis de prendre cet argent ? Doit-elle le partager avec eux car ils veulent tout lui prendre et l’accusent d’avoir tué son époux dans le but de toucher son héritage.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons :

 

Ce que l’époux laisse comme biens appartient à tous les héritiers. Il n’est permis à personne parmi eux de s’emparer d’une quelconque partie de l’héritage sans la permission des autres héritiers. Le Messager d’Allah () a dit : « Quiconque laisse des biens après sa mort, ses héritiers en hériteront. » (Boukhari et Mouslim)

Par conséquent si la famille de cet homme a pris possession d’un quelconque de ses biens, elle doit le remettre dans l’héritage afin qu’il soit partagé entre les héritiers et cela vaut également pour son épouse.

S’il s’avère que la famille de l’époux s’est emparée d’une partie de ses biens et que l’épouse craint d’être privée de sa part dans l’héritage, il lui est permis de percevoir sa part dans les biens de son époux qui sont à sa disposition puis remettre le reste aux héritiers. Dans ce cas, l’épouse percevra le quart en raison de l’absence de descendance héritière, car comme cela a été mentionné dans la question, il n’a pas eu d’enfant.

Quant à la question portant sur l’assurance, alors si vous entendez par celle-ci les assurances commerciales comme l’assurance vie ou autres, il n’est alors permis de percevoir que les primes versées par l’assuré car ce genre d’assurance est interdite et il n’est pas permis à un musulman d’y souscrire de son plein gré. En revanche, si vous entendez par là un don offert par l’Etat ou autre à la famille de l’époux après son décès, alors ce don appartient à celui à qui il a été fait.

Nous attirons votre attention sur le fait que les questions relatives à l’héritage font l'objet de litiges. Par conséquent, s’il est possible de consulter certaines autorités compétentes en matière de statuts personnels dans ce pays, alors cela sera préférable.

 

Et Allah sait mieux.

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