Se sentir à l’abri des stratagèmes d'Allah

  • Date de publication:07/11/2018
  • Catégories:Ethique
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Louange à Allah. Prière et salut sur le Messager d'Allah. J'atteste que nul n'est digne d'être adoré en dehors d'Allah et que Mohammad est Son serviteur et son Messager.

Parmi les péchés majeurs il y’a le sentiment d'être à l'abri du châtiment d'Allah et celui de désespérer de Sa miséricorde. Allah, le Très Haut, dit (sens des versets) :

« Les gens des cités sont-ils sûrs que Notre châtiment rigoureux ne les atteindra pas la nuit, pendant qu’ils sont endormis? Les gens des cités sont-ils sûrs que Notre châtiment rigoureux ne les atteindra pas le jour, pendant qu’ils s’amusent? Sont-ils à l’abri du stratagème d’Allah? Seuls les gens perdus se sentent à l’abri du stratagème d’Allah.» (Coran 7/ 97-99)

Ces versets abordent le sentiment d’être à l’abri du courroux divin et d’échapper à la puissance d'Allah qui les abattrait en leur pleine insouciance. En effet, ces gens qui ont démenti les prophètes comme les peuples de Nouh (Noé), de `Âd et de Thamoud étaient comblés par les bienfaits et les grâces d'Allah malgré leur désobéissance. Ils avaient donc exclu que c’était là un stratagème d'Allah et qu’Il les amenait de la sorte progressivement vers Son châtiment, et écartaient ainsi l’éventualité de son avènement à tout moment. Qatâdah, qu'Allah lui fasse miséricorde, dit dans son ouvrage intitulé Fat-h Al-Majîd : «Le châtiment divin surprit les gens, et Allah n'impose son châtiment que pendant leur plein divertissement et leur ingratitude. Ne vous sentez donc pas à l'abri du châtiment d'Allah».

Dans son commentaire sur le verset (sens du verset) : «Sont-ils à l’abri du stratagème d’Allah?», le Cheikh `Abd Al-Rahmân, qu'Allah lui fasse miséricorde, a indiqué dans son exégèse que : «Ce verset comporte une intimidation virulente au serviteur qui ne doit pas se croire à l’abri des stratagèmes divins quel que soit le degré de sa croyance et qui doit, au contraire, redouter sans cesse une éventuelle épreuve qui affecte sa foi. Qu'il ne cesse pas de répéter l'invocation : 'Ô Toi qui changes les penchants et les sentiments des cœurs, affermis Ta religion dans nos cœurs '. Qu'il œuvre continuellement dans toute voie le débarrassant du mal au moment des tentationscar quelle que soit la piété du serviteur, il n'est jamais certain de son salut».

Le Cheikh Ibn `Othaymîn, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit dans l'ouvrage Al-Qawl Al-Moufîd fi Charh Kitâb Al-Tawhîd : «Sont-ils à l’abri du stratagème d’Allah?» est un verset qui prouve qu'Allah a des stratagèmes qui permettent de vaincre l'adversaire sans que ce dernier le sente. C'est ce principe qui était à l'origine du Hadîth : «La guerre, c'est la ruse» (Boukhari et Mouslim). En réponse à la question : «Comment parler des stratagèmes d'Allah, alors que cela constitue un défaut humain ?», l'on dit que «Ces stratagèmes deviennent, en cas de nécessité, louables car ils illustrent la force du stratège qui s’accorde ainsi les moyens de vaincre l’adversaire. Dès lors, il n'est pas permis de qualifier Allah de 'rusé' dans l’absolu, mais uniquement dans les situations où cette qualité est citée à titre d'éloge comme dans les versets (sens des versets) :

• «Ainsi complotaient-ils ; mais Allah déjoua tous leurs complots» (Coran 8/30)
• «Ce fut là le stratagème qu’ils avaient ourdi et que Nous avions déjoué sans qu’ils s’en rendissent compte» (Coran 27/50)
• « Sont-ils à l’abri du stratagème d’Allah ?» (Coran 7/99)

De même, nul n'est autorisé à Lui dénier ce trait dans l'absolu ; il faut plutôt traiter des stratagèmes d'Allah dans le contexte d'éloge et s’en abstenir dans le cas contraire. Ainsi, il n'est pas permis de dire que ‘’le rusé’’ est l'un des attributs d'Allah».

D'après `Oqbah ibn `Âme, qu'Allah soit satisfait de lui, le Prophète (Salla Allahou `Alaihi wa Sallam) a dit :

«Si vous voyez Allah donner à son serviteur des bienfaits de ce bas monde alors qu’il continue à Lui désobéir, sachez que ce n'est que pour l'amener progressivement vers le châtiment » Ensuite, il récita le verset (sens du verset) :

« Et lorsque ces gens-là eurent oublié ce qui leur avait été rappelé, Nous ouvrîmes toutes grandes devant eux les portes de la jouissance. Et c’est au moment où ils exultaient de joie devant tant de richesses qu’ils avaient reçues que Nous les saisîmes soudain et les jetâmes dans la consternation et le désespoir » (Coran 6/44)  (Ahmad dans son Mosnad). Ismâ`îl ibn Râfi` a dit : «On ne parle du fait de ‘’se sentir à l’abri des stratagèmes d'Allah’’ que dans le cas du serviteur qui insiste à faire le péché tout en souhaitant d'être pardonné. Certains prédécesseurs ont indiqué que les stratagèmes d'Allah impliquent d'amener les serviteurs à leur perte en multipliant les grâces divines qui leur sont accordées comme la santé physique et le luxe, puis Allah les châtie à la manière d’un Seigneur Puissant auquel rien ne peut résister ! Allah, le Très Haut, dit (sens du verset) : «Tel est le châtiment de ton Seigneur quand Il sévit contre les cités criminelles. Ses coups sont toujours douloureux et portés avec violence » (Coran 11/102)

Quant au fait de désespérer de la miséricorde d'Allah, il signifie que le serviteur exclut le secours et désespère du pardon et de la miséricorde divine. C’est là une attitude qui s'oppose au sentiment d'être à l'abri des stratagèmes d'Allah, alors que les deux constituent un péché majeur. Allah, le Très Haut, dit (sens des versets) :

• «Mais qui désespérerait de la grâce de son Seigneur, reprit Abraham, hormis les égarés ? » (Coran 15/56)
• «Dis : 'Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez point de la miséricorde divine ! En vérité, Allah absout tous les péchés, car Il est le Clément et le Compatissant'» (Coran 39/53)

Le Cheikh `Abd Al-Rahmân ibn Hassan dit dans son ouvrage intitulé Fat-h Al-Majîd : «Les versets (sens des versets) : '«Mais qui désespérerait de la grâce de son Seigneur, reprit Abraham, hormis les égarés ? » (Coran 15/56) ainsi que le verset (sens du verset) : «'Sont-ils à l’abri du stratagème d’Allah? Seuls les gens perdus se sentent à l’abri du stratagème d’Allah.» (Coran 7/99), ces versets prouvent qu'il est interdit, pour celui qui craint Allah, de désespérer de Sa miséricorde ; il doit, au contraire, allier crainte et espoir, c’est-à-dire qu’il doit s’alarmer de ses péchés tout en œuvrant dans la voie de l'obéissance à Allah et en espérant Sa miséricorde. Allah, le Très Haut, dit (sens des versets) :

• «Or, ceux qu’ils invoquent recherchent eux-mêmes à l’envi le moyen de se rapprocher le plus de leur Seigneur, espérant Sa miséricorde et redoutant Son châtiment» (Coran 17/57)
• «Peut-on comparer ce pécheur à celui qui passe ses nuits en prière, prosterné ou debout, craignant la vie future et plaçant son espoir dans la miséricorde de son Seigneur ?» (Coran 39/9)

Dans l'ouvrage Tafsîr Ibn Kathîr, Al-Hassan Al-Basri a dit : «Le croyant fait les actes d'obéissance en demeurant craintif et humble, alors que le pervers commet la désobéissance en se croyant à l’abri [du châtiment]».

Lorsque les Anges annoncèrent au Prophète bien-aimé d'Allah Ibrâhîm la naissance de son fils Is-hâq, il leur dit (sens du verset) : «Et vous m’annoncez cette bonne nouvelle, dit Abraham, au moment où je ne suis plus qu’un vieillard ? Quelle étrange annonce ! » (Coran 15/54). Il est effectivement connu que si les époux atteignent l'âge de vieillesse, il est exclu qu'ils aient des enfants, mais Allah est Omnipotent. Les Anges lui répondirent (sens du verset) : « Nous t’annonçons la vérité» (Coran 15/55), cette vérité est certaine car si Allah veut une chose, Il lui dit : «Sois» et elle est (sens du verset) : «Ne sois donc point de ceux qui désespèrent !» (Coran 15/55). Ibrâhîm leur répondit ce qu'Allah révéla (sens du verset) : «Mais qui désespérerait de la grâce de son Seigneur, reprit Abraham, hormis les égarés ?» (Coran 15/56). Allah, de par Son pouvoir et Sa sagesse, est informé de ce qui est plus grave et plus considérable.

`Abdul-Razzâq a rapporté dans son Mossannaf d'après Ibn Mass`oud, Qu'Allah soit satisfait de lui, qu'on lui posa la question : Quels sont les péchés capitaux ?
- Le polythéisme, répondit Ibn Mass`oud, désespérer de la bonté divine, se croire à l'abri des stratagèmes d'Allah et désespérer de la miséricorde d'Allah»

En effet, le polythéisme est le péché le plus grave. Allah, le Très Haut, dit (sens du verset) : «Allah ne pardonne point qu’on Lui associe d’autres divinités ; mais Il pardonne à qui Il veut les autres péchés» (Coran 4/48). Désespérer de la bonté divine signifie que le serviteur cesse toute espérance en Allah aussi bien pour ce qu’il craint que pour ce qu’il désire. Ainsi, si le serviteur souffre d'une affliction, il désespère de la délivrance ; et ce faisant, il mésestime Allah, se méprend sur Son pouvoir, Sa miséricorde, Sa clémence et Sa générosité. Allah, exalté soit-Il, rapporte les paroles du prophète Ya`qoub (Jacob) : (sens du verset) : «Seuls les négateurs désespèrent de la bonté divine ! » (Coran 12/87)

D'après Anas, Qu'Allah soit satisfait de lui, le Prophète (Salla Allahou `Alaihi wa Sallam) se rendit auprès d’un jeune agonisant et lui demanda : «Comment te sens-tu ?»
- Par Allah, ô Messager d'Allah, répondit le jeune homme, j'espère en Allah et je crains mes péchés.
- Ces deux sentiments [la peur et l'espoir] ne se rassemblent pas dans le cœur d’un serviteur d’Allah au moment de l’agonie sans qu’Allah ne lui donne ce qu’il espère et le rassure contre ce qu’il craint » (Al-Tirmidhi )

Ce Hadîth allie la crainte et l'espoir. Ainsi, s'il craint, il ne désespère pas, et garde espoir en la miséricorde divine. Les Prédécesseurs préféraient la crainte dans les moments de bonne santé et l'espoir pendant les moments de maladie.

Abou Soulaymân Al-Darâni dit dans l'ouvrage Fat-h Al-Majîd : «Il incombe que le cœur soit dominé par la peur, car si c'est l'espoir qui domine, le cœur est corrompu». D'après Jâbir, qu'Allah soit satisfait de lui, le Prophète (Salla Allahou `Alaihi wa Sallam) a dit, trois jours avant sa mort : «Persévérez dans l'espérance en Allah jusqu'à votre mort» (Mouslim)

'Aïcha, , a rapporté qu’elle interrogea le Prophète () au sujet de ce verset (sens du verset) : «Et qui donnent ce qu'ils donnent, tandis que leurs cœurs sont pleins de crainte […]» (Coran 23/60) en lui demandant s’il s’agissait de ceux qui consomment de l’alcool et qui volent. Le Prophète () répondit alors :

«Non, fille du Véridique ! Il s’agit plutôt de ceux qui jeûnent, prient et font l’aumône tout en craignant que leurs actes ne soient pas acceptés. Ce sont ceux qui s’empressent dans l’accomplissement des bonnes oeuvres» (Al-Tirmidhi)

Louange à Allah, Seigneur des mondes. Prière et salut sur notre Prophète Mohammad, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons.

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