Le voyage díun prÍtre catholique vers líIslam, il y a 100 ans

Jeudi 22-6-2017| IslamWeb

Quand on demanda au professeur ‘Abd al-Ahad Dâwûd, ex-révérend David Benjamin Keldani, comment il était devenu musulman, il a écrit : « Ma conversion à l’Islam ne peut être attribuée qu’à Allah, exalté soit-Il, qui m’a guidé de par Sa Grâce. Si Allah, exalté soit-Il, ne nous fait pas la grâce de nous guider, tout apprentissage, recherche et autres efforts pour trouver la Vérité peuvent même aboutir à un éloignement du droit chemin. Á partir du moment où j’ai cru en l’Unicité Absolue d’Allah, exalté soit-Il,  j’ai modelé ma conduite et mon comportement sur celui de Son prophète Mohammed. »
‘Abd al-Ahad Dâwûd était auparavant un prêtre catholique romain de la secte des chaldéens unis. Il est né en 1867 à Orumieh en Perse ; Il a été éduqué depuis sa petite enfance dans cette ville. Entre 1886 et 1889, il a fait partie du corps enseignant de la mission de l’Archevêque de Cantorbéry envoyée aux Assyriens chrétiens (les Nestoriens) d’Orumieh. En 1892, il fut envoyé par le cardinal Vaughan à Rome où il suivit un programme d’étude en philosophie et en théologie, au Propaganda Fide College, et en 1895 il fut ordonné prêtre. Durant cette période, il écrivit une longue série d’articles pour « The Tablet » sur l’Assyrie, Rome et Cantorbéry", et également pour ‘the Irish Record’ sur l’authenticité du Pentateuque. Il a réalisé plusieurs traductions de l’Ave Maria (Je vous salue Marie) en différentes langues, publiées dans ‘the Illustrated Catholic Missions’. En 1895, alors qu’il était à Constantinople, en sa route vers la Perse, il écrivit une longue série d’articles en anglais et en français pour le quotidien local nommé « The Levant Herald  on Eastern Churches ». Au cours de la même année, il rejoignit la mission lazariste française d’Orumieh, et publia, pour la première fois dans l’histoire de cette mission, un périodique appelé Qala-la Chaara (i.e. « La voix de la vérité »), en dialecte syrien. En 1897, il fut délégué par deux archevêques chaldéens-uniates  d’Orumieh et de Salmas, pour représenter les catholiques d’Orient au congrès eucharistique de Paray-le Monial, en France, sous la présidence du cardinal Perraud. Ceci était, bien sûr, sur invitation officielle. L’exposé lu par ‘père Benjamin’ fut publié dans les annales du congrès eucharistique de cette année-là, appelées ‘Le Pèlerin’. Dans cet article, l’archiprêtre chaldéen (c’est son titre officiel), a déploré le système catholique d’éducation chez les Nestoriens, et a prédit l’émergence imminente de prêtres russes à Orumieh.
En 1898, ‘père Benjamin’ revint en Perse. Dans son village natal de Digala, situé à environ deux kilomètres de la ville, il ouvrit une école gratuite.
L’année suivante, il fut envoyé par les autorités ecclésiastiques pour prendre en charge le diocèse de Salmas, où un conflit profond et scandaleux entre  l’archevêque uniate Khodabach et les pères lazaristes, menaçait depuis longtemps d’aboutir à un schisme. Le jour de l’an 1900, père Benjamin fit son dernier et mémorable sermon devant une importante congrégation, comportant de nombreux arméniens non catholiques, dans la cathédrale de St-Georges de Khorovábád à Salmas. Le titre du sermon du prédicateur était ‘Nouveau siècle et nouveaux hommes’. Il rappela le fait que les missionnaires nestoriens, avant l’avènement de l’Islam, avaient prêché l’Evangile dans toute l’Asie ; qu’ils avaient de nombreux établissements en Inde (plus particulièrement sur la côte de Malabar), en Tartarie, en Chine, en Mongolie ; et qu’ils avaient traduit l’Evangile pour les Ouïghours turcs et en d’autres langues ; que les missions catholique, américaine et anglicane, malgré le peu de bien qu’elles avaient apporté à la communauté assyro-Chaldéenne en matière d’éducation préliminaire, avaient divisé la communauté- déjà très peu nombreuse- en Perse, au Kurdistan et en Mésopotamie, en de nombreuses sectes hostiles ; et que leurs efforts étaient destinés à provoquer l’effondrement final. Par conséquent, il conseilla aux autochtones de faire des sacrifices afin de se mettre debout comme des hommes, et ne plus dépendre des autres missions, etc. Cinq missions, grandes et ostentatoires- américaine, anglicane, française, allemande et russe- avec leurs collèges, soutenues par de riches sociétés religieuses, des consuls et des ambassadeurs, faisaient tout leur possible pour convertir 100 000 Assyro-Chaldéens de l’hérésie nestorienne vers l’une ou l’autre des autres hérésies. Mais la mission Russe dépassa bientôt les autres, et ce fut elle qui, en 1915, poussa ou encouragea les Assyriens de Perse, ainsi que les tribus montagnardes du Kurdistan, qui avaient alors émigré dans les plaines de Salmas et d’Orumieh, à lever les armes contre leurs gouvernements respectifs. Le résultat fut que la moitié de son peuple périt dans cette guerre et que le reste fut expulsé de leur terre natale.
La grande question, qui depuis une longue période cheminait dans l’esprit de ce prêtre, devait bientôt être élucidée. Le christianisme, avec toutes ses innombrables formes et couleurs, et avec ses Ecritures superficielles, fausses et corrompues, était-il la Vraie religion de Dieu ? Au cours de l’été 1900, il se retira dans sa petite villa au milieu des vignobles près de la célèbre fontaine de Cháli-Boulaghi à Digala, et là, pendant un mois, il passa son temps en prières et en méditation, lisant et relisant les Ecritures sacrées dans leur version originale. Cette crise s’acheva par une démission officielle envoyée à l’archevêque uniate d’Orurmieh, dans laquelle il expliquait ouvertement à Mgr. Touma Audu, les raisons pour lesquelles il abandonnait ses fonctions sacerdotales. Toutes les tentatives faites par les autorités ecclésiastiques pour qu’il revienne sur sa décision restèrent vaines. Il n’y eut aucune querelle personnelle ni dispute entre le Père Benjamin et ses supérieurs ; c’était uniquement une question de conscience.
Pendant plusieurs mois, M. Dawoud comme il fut dès lors appelé, travailla alors à Tabriz, comme inspecteur au service des postes et douanes perses sous la supervision belge. Il fut par la suite pris au service du Prince héritier Mohammad 'Alí Mirsá, en tant que précepteur et interprète. C’est en 1903 qu’il visita de nouveau l’Angleterre et qu’il adhéra à la Communauté unitarienne. Et en 1904, il fut envoyé par l’association unitarienne britannique et étrangère pour prendre en charge la fonction d’éducation et d’instruction de ses compatriotes. En route vers la Perse, il visita Constantinople ; et après plusieurs rencontres avec Sheikhul-Islám Jemálud-Dín Effendi et d’autres érudits, il embrassa l’Islam.
Extrait : IPCI (Islamic Propagation Center International)

 

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