Le Singapourien Ihsan Jim Chaw I

Mercredi 3-12-2014| IslamWeb


Voici le témoignage édifiant d’un jeune singapourien converti à l’Islam, nous l’avons divisé en deux articles, en voici donc le premier :

« Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous » (Coran 5/3).

Ihsan Chaw Jim Sam a la vingtaine, il est né dans une famille pratiquant la religion taoïste, puis, alors qu’il avait environ neuf ans, il subit des menaces à l’école d’ordre religieux, ce qui le poussa à se convertir au christianisme ; ensuite, quelques années après, durant sa préadolescence Ihsan Chaw choisit de suivre l’enseignement du Bouddha ; et, enfin, après ces diverses expériences spirituelles, il emprunta la voie qui devait l’amener à se convertir à l’Islam.
L’histoire de la conversion à l’Islam d’Ihsan parut dans la revue islamique Le lecteur musulman, laquelle est publiée par une association singapourienne de convertis à l’Islam, et c’est lui-même qui nous la raconte :

« Si on médite le sens profond d’un hadith bien connu (NDT : « Chaque nouveau-né vient au monde selon la fitra (nature avec laquelle il fut créé, l’Islam) mais ce sont ses parents qui font de lui un juif, un chrétien ou un mazdéen » (Boukhari)), l’enfant qui naît est comme un morceau de tissu blanc immaculé, et c’est ses parents qui le teinte d’une certaine couleur : rouge, vert, jeune, etc.
Mes parents sont de religion taoïste, c’est ainsi que j’ai grandi dans cette dernière à partir de ma naissance, et durant mon enfance je l’ai acceptée et j’ai cru en elle, et ce, sans rien connaître du tout à cette religion, et c’est seulement durant mon adolescence que je découvris que le taoïsme était une religion dans laquelle on vénérait les ancêtres ; et même mes parents, comme la plupart des taoïstes, ne connaissaient quasiment rien à l’histoire de leur propre religion, par conséquent, personne ne put m’enseigner l’histoire des préceptes du taoïsme. Je ne fis donc que pratiquer cette religion sans vraiment réfléchir, je faisais ce qu’on me disait de faire sans émettre le moindre doute.

Lorsque j’atteignis l’âge de neuf ans, à l’école, notre instituteur dit à certains de mes camarades et à moi-même que nous devions devenir chrétiens, il nous avertit que si nous refusions de nous convertir, alors nous serions condamnés à mort qui serait alors le châtiment pour tous ceux qui n’étaient pas chrétiens. Cette menace me fit très peur et c’est donc à cette époque que je commençai à croire dans les deux religions : le taoïsme (pour des raisons familiales) et le christianisme (par crainte du châtiment) ; cependant, lorsque je devins plus grand, je me trouvai dans l’incapacité de choisir entre l’une ou l’autre de ces deux religions.
Durant ma troisième et ma quatrième années de lycée je choisis le bouddhisme comme sujet principal de mon cours sur les sciences religieuses, car ce dernier était le sujet le plus simple à étudier. Toutefois, je fus très influencé par la croyance bouddhiste, car elle est très logique et scientifique, par exemple, le concept de l’aumône dans le bouddhisme me stupéfia tout particulièrement. Et c’est ainsi que je commençai à suivre dans la mesure du possible les préceptes de cette religion, néanmoins je ne m’y convertis pas. En fait, bien que le bouddhisme se base sur des concepts et pratiques intéressantes, j’ai trouvé qu’il lui manquait la croyance en une force supérieure (Allah).

Puis, j’ai intégré l’université de Saint Andrew’s Junior, qui est en fait une école évangéliste, et là-bas tous les étudiants – hormis ceux qui étaient musulmans – étaient dans l’obligation d’assister à la prière scolaire du dimanche, et durant cette dernière nous chantions des chants religieux et nous assistions à la liturgie. A la fin de certaines prières, il était demandé aux étudiants si certains parmi eux étaient désireux de se convertir au christianisme. Je fus à l’époque très influencé par un prêtre en particulier, car je considérais qu’il était très performant dans son travail de prédication. Il utilisait les prophéties présentes dans les Evangiles de manière très efficace afin de démontrer le lien logique et la continuité existant entre l’Ancien Testament et le Nouveau. J’étais particulièrement subjugué par ce prêtre lorsqu’il évoquait les prophéties de l’Ancien Testament qui s’étaient réalisées dans le Nouveau Testament, et mon intérêt augmenta encore lorsqu’il parla du Jour du Jugement dernier. En outre, il appuyait souvent ses propos avec diverses expériences vécues par certains chrétiens ; par exemple, une fois ce prêtre évoqua le cas d’une chrétienne qui avait été déclarée morte, et selon lui, durant sa « mort », cette dernière sentit que quelque chose voulait l’entraîner par les pieds en Enfer, mais elle réussit en se libérer puis elle revint à la vie, et c’est ainsi qu’après être revenue de la « mort » cette femme attesta de l’existence de Dieu, de la réalité de la vie après la mort ainsi que de la réalité de l’Enfer comme cela est rappelé dans les Evangiles. Et c’est donc comme ça que j’ai commencé à être attiré par l’Anglicanisme orthodoxe, j’avais alors 17 ans.

Malgré tout je n’arrivais pas à intégrer pleinement l’une ou l’autre des sectes chrétiennes, je ne cessais pas d’aller d’une église à une autre, j’étais en perpétuelle recherche d’une paix intérieure, il m’était alors tout à fait impossible de savoir à quel courant je devais adhérer définitivement.
Lorsque j’étais dans ma dernière année de service militaire, j’ai rencontré un ami qui m’emmena dans son église (Saint-John Saint-Marguerite), et c’est alors que je sentis enfin que j’étais « chez moi » dans ce lieu. Je commençai donc à participer aux activités de cette église, j’étais responsable de deux missions d’évangélisation, la première concernait le travail avec les enfants et la seconde avait trait aux activités sportives.
Ainsi, concernant ma première mission, je participais à l’édification d’un programme scolaire pour les enfants, et à travers cette activité je prodiguais un enseignement gratuit aux enfants de diverses écoles qui me permettait en outre de faire passer le message évangéliste qui se diffusait ainsi doucement, mais de manière très efficace. Les enfants concernés étaient de niveau primaire, et je me souviens qu’on m’avait chargé de m’occuper plus particulièrement de deux d’entre eux ; de manière générale, avant chaque cours, j’organisais un cercle de prière durant lequel nous chantions des chants religieux, de même que nous avions des séances spécialement dédiées aux récits d’histoires pendant lesquelles je racontais aux enfants des histoires tirées des Evangiles.
Quant à ma seconde mission, elle consistait pour moi à travailler avec un groupe de sportifs de l’église, nous effectuions notre travail de prédication évangéliste en demandant aux gens de venir faire du sport avec nous, j’étais alors le responsable de l’équipe de football de l’église. Et chaque semaine nous louions une salle afin de jouer, nous invitions alors ceux que nous voulions essayer de guider vers le christianisme afin d’être un exemple pour eux, lors de ces rencontres nous nous concentrions toujours sur l’esprit d’entraide et de solidarité, nous essayions alors de mettre en évidence ces vertus le mieux que nous pouvions ; et après les exercices sportifs nous tentions inculquer le message chrétien à ces jeunes dont la plupart étaient des adolescents. Ce concept de la prédication par le sport est extrêmement efficace, cela fonctionnait très bien et pas seulement à Singapour, mais également dans d’autres pays. Mon église fut la première à Singapour à mettre en place ce concept du parrainage et de la solidarité par le sport.

(A suivre).

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