\'Achoura entre tradition prophétique et innovation

Jeudi 13-9-2018| IslamWeb

Entre tradition prophétique et pratique culturelle, le jour de 'Achoura, revêt différentes significations. Le mot 'Achoura, dérivé de "'Achara", qui signifie dix, correspond au dixième jour du mois de Mouharram, premier mois de l’année musulmane. De l’Indonésie à la Mauritanie en passant par le Moyen-Orient, dans le sunnisme et le chiisme, la commémoration de 'Achoura prend diverses formes (fête, jeûne, etc.).  
 

Pour comprendre le sens de 'Achoura, il faut remonter à l'an 622, lorsque notre Prophète Mohammed (Salla Allahou Alaihi wa Sallan) et ses Compagnons, ayant quitté La Mecque, arrivèrent à Médine. Une des trois tribus qui étaient installées dans cette ville était juive, et célébrait le jour de 'Achoura qu’elle appelait le « Yom Kippour », jour de l'Expiation ou du Grand Pardon. Ce jour-là, les juifs observent un jeûne absolu et ne travaillent pas car ils prétendent s’y consacrer à louer Allah et à Lui demander pardon pour tous les péchés qu’ils ont commis au cours de l'année écoulée. Le Prophète Mohammed (Salla Allahou Alaihi wa Sallan) demanda alors pourquoi ils jeûnaient ce jour-là et lui donnaient tant d’importance. Ils lui répondirent que c’était le jour où Allah sauva Moïse de Pharaon, et qu’ils commémoraient ainsi la mémoire de cette grande journée. Notre Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallan) dit alors dans ce hadith authentique rapporté par Boukhari : « Nous sommes plus dignes de se réclamer de Moïse qu’eux. » et Il ordonna à ses Compagnons de jeûner ce jour-là. Même ceux qui avaient déjà mangé furent tenus de s’abstenir des plaisirs de manger et de boire jusqu’à la fin de la journée.
 

Toutefois, deux ans plus tard, lorsque le jeûne du mois du Ramadan fut prescrit, le jeûne de 'Achoura devient recommandé mais non obligatoire et le Prophète Mohammed (Salla Allahou Alaihi wa Sallan) a dit pour encourager les musulman à continuer de le jeuner : « Allah remet les péchés d'une année passée à quiconque jeûne le jour de 'Achoura. » (Mouslim)


Selon Ibn 'Abbâs, le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) a dit : « L’année prochaine -in Châ Allah- nous jeûnerons le neuvième jour. » Mais le Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam) est décédé avant le prochain 'Achoura. (Mouslim)


Ce dernier hadith prouve que pour se différencier des juifs, il est recommandé de jeûner aussi le jour qui précède 'Achoura ou le jour qui le suit ou les deux à la fois.
 

Les musulmans des premières générations considèrent donc 'Achoura uniquement comme un jour de jeûne.
Au fil des années sont apparues au sein de la communauté musulmane certaines pratiques culturelles reliées à ce jour. Ces pratiques ne sont que des innovations qui n’ont rien à voir avec l’Islam et dont certaines relèvent du domaine du polythéisme, Chirk. Dans les phrases qui suivent nous allons citer quelques-unes de ces innovations classées selon leur ordre de gravité.


- Adoration des tombes : Les chiites accordent une extrême importance au jour de ‘Achoura. C’est le jour où ils commémorent le martyre du petit-fils du Prophète (Salla Allahou Alaihi wa Sallam), Husayn, mort assassiné en 61 de l’Hégire, le 10 Mouharram. Pour certains groupes chiites, il symbolise le jour où ils se souviennent des morts: il est de coutume de les voir y accomplir des choses qui relèvent du polythéisme pur et simple. Ainsi ils s’y rendent dans les cimetières y allument des bougies autour de la tombe du "grand saint" qu'ils prétendent être le patron du cimetière. D’autres groupes chiites le considèrent comme un jour de deuil marqué par la représentation de la "Passion d'al Husayn". Dans les rues, les hommes se flagellent et s’infligent des coups jusqu’au sang.
 

- Initiation des enfants à la vénération du feu adoré par certains peuples : Dans certains endroits, la veille au soir, les enfants font de grands feux par-dessus lesquels ils sautent en chantant, ce qui est de nature à les initier à l’adoration du feu (signe de la purification pour ses adorateurs).


- Nuisance aux voisins et passants, gaspillage inutile et vénération de l’eau : Le lendemain de l'Achoura, les enfants disposent dans certaines régions du Maghreb d'une totale liberté pour asperger d’eau voisins, amis et passants. Garçons et filles se dispersent dans les rues à la recherche d'une proie ou d'un point d'eau pour s'approvisionner.


- Les enfants y sont habillés de vêtements neufs et reçoivent des cadeaux, des trompettes, des tambours, des pétards et d'autres jouets.


- Dans certains pays du Maghreb le jour de 'Achoura est perçu, comme la fête de l'enfance, de la famille et des traditions. Sa célébration revêt parfois une signification spirituelle et sociale. Pour eux, il est aussi un jour de partage et de charité et sa célébration rappelle l'obligation de faire l'aumône, de s'acquitter d'une contribution matérielle destinée à assister les plus démunis.


Nous demandons humblement à Allah, exalté soit-Il, de nous accorder la sincérité dans l'intention et Sa Clémence, d'unir tous les musulmans sous la bannière du Prophète Mohammed (Salla Allahou Alayhi wa Salam) et de les éloigner de toutes les formes d’innovations en matière de religion afin que nous soyons tous parmi les gagnants le Jour du Jugement.

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